Conférence à Prades le dimanche 1er octobre, par Sylvain Chevauché

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10 January 2024

Conférence 300 ans d'histoire de Prades, "La famille de Bordes et son temps" par Sylvain Chevauché

300 ans d’histoire de Prades : la famille de Bordes et son temps (1643-1943)


Cette très intéressante conférence, qui a été prononcée le dimanche 1er octobre par Sylvain Chevauché, archiviste paléographe et par ailleurs adhérent des VMF, a eu lieu à Prades, au Château Pams, mis gracieusement à notre disposition par la municipalité et a réuni un public nombreux (une centaine de personnes.) Le conférencier a exposé l'histoire de la famille Bordes, à travers laquelle on voit aussi se dérouler le film de l'histoire de Prades et du Conflent mais aussi l'histoire de France. La conférence a été suivie d'une déambulation dans les rues de la ville qui a permis d'évoquer, devant les façades des différentes maisons patriciennes, les familles qui y avaient vécu.


"Dans l’ancienne Catalogne, l’histoire des villes et des villages se confondait souvent avec celle de ses grandes familles. Prospère bourgade, Prades était depuis le Moyen Âge possédée par l’abbaye de Lagrasse, qui exerçait une tutelle relativement lointaine. La ville n’avait donc pas de seigneur laïc, et aucune vieille famille noble n’y résidait. Cette situation permit l’émergence d’une moyenne bourgeoisie, d’origine souvent modeste qui, à l’époque de l’annexion du Roussillon, du Conflent et de la Cerdagne à la France, sut s’attacher les faveurs du nouveau pouvoir et former une nouvelle noblesse. Parmi ces familles, les Bordes se distinguent et permettent de résumer à eux seuls 300 ans d’histoire de Prades. Descendants d’un muletier illettré de Thuès, ils s’enrichirent dans le transport au service de l’armée. Un membre de la famille, anobli en 1721, exerça la charge capitale de viguier du Conflent, plusieurs autres furent notaires, militaires, médecins, prêtres. Génération après génération, ils occupèrent tous des charges dans la municipalité et à l’église, avant et après 1789. Figurant parmi les plus gros propriétaires fonciers de la ville, ils parvinrent à conserver par-delà la Révolution leur patrimoine intact. Leur demeure, aujourd’hui disparue, jadis surnommée « la Viguerie », s’élevait près de la place principale, et symbolisait à elle seule tant de pages prestigieuses de l’histoire de la province. La famille, éteinte en ligne directe en 1943, a toujours des descendants qui, à travers leurs souvenirs, redonnent vie à des personnages à la fois passionnants et truculents. Un livre est à paraître. "



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