PROMENADE DU 9 SEPTEMBRE 2023 - CHATEAUX DE LA DROUINIERE, LA GOHYERE ET LA GALARDIERE

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27 September 2023

PROMENADE LE 9 SEPTEMBRE 2023 ENTRE SAINT-MARD-DE-RENO ET VILLIERS-SOUS-MORTAGNE

Promenade du 9 septembre 2023

Entre Villiers-sous-Mortagne et Saint-Mard-de-Réno



Plus d’une centaine d’adhérents se sont retrouvés pour visiter trois châteaux dans les environs de Saint-Mard-de-Reno.


Notre première découverte est le ravissant manoir de la Drouinière, architecture percheronne du XVIe siècle. Thierry de Loppinot, son propriétaire, nous fait avec beaucoup d’amabilité les honneurs de sa maison. Nos membres peuvent admirer un bel escalier, les pièces du rez-de-chaussée et d’élégants jardins à la française.


L’histoire du fief de la Drouinière remonte au Moyen-Age, où il est mentionné pour la première fois en 1191, dans une charte du roi Philippe Auguste.

A l’époque, le fief est placé sous la suzeraineté de la famille de Bellême.


Au fil des siècles, le fief change plusieurs fois de propriétaires. En 1472, il est acquis par la famille de Beaumont qui conserve la Drouinière pendant près de deux cents ans. Au XVIIe siècle, il passe aux mains de la famille de Goyon-Matignon.


C’est au XVIIIe siècle que le fief de la Drouinière connaît son apogée. A cette époque, Pierre-Jean de la Chabeaussière, Comte de Saint-Mard-de-Reno entreprend d’importants travaux de modernisation et d’embellissement du domaine. Il fait construire un château et aménage de vastes jardins à la française.


Le fief reste dans la famille de La Chabeaussière jusqu’à la Révolution Française. En 1791, le domaine est vendu comme bien national et morcelé en plusieurs propriétés. Le château est détruit peu de temps après.

Au cours de son exposé, Thierry de Loppinot propose à nos adhérents un jeu-concours : celui ou celle qui devinera la date de la construction de la maison gagnera le livre écrit par notre hôte sur l’industrie du chanvre du XVIe au XIXe siècle à Mortagne (Le chanvre – une richesse oubliée).

Nos membres se prêtent avec joie à ce concours et les réponses fusent de toutes parts et s’approchent de la vérité ; il s’agit de l’année 1559.


Mais le temps presse et nous devons regagner nos voitures pour nous diriger vers le château de la Gohyère.


Après quelques kilomètres en voiture, nous arrivons au château de la Gohyère. Nous y apprécions le chaleureux accueil de sa propriétaire, Laure de Petiville, qui a la délicate attention de nous offrir une boisson rafraichissante bienvenue car la chaleur est très forte lors de cette journée.


Laure de Petiville évoque le passé de cette maison qui est dans la famille depuis 1876.

A l’origine, Jeanne Feillet, dame de la Gohyère, apporte en dot, le 28 novembre 1595, la seigneurie de la Gohyère à Jacques de Guéroult (ou Gueroust) d’Hersay.


Leur fils Jean, bailly et juge ordinaire de Nogent-le-Rotrou, épouse par contrat à Coulimer, le 16 août 1624, Marie de Puisaye et de leur union, naît Jean-Baptiste Gueroult de la Gohyère, capitaine des chevau-légers dans le régiment de Beaupré marié en 1678 à Anne Madeleine Le Conte.


Son descendant, Jean-André-François, né le 9 janvier 1745, est mousquetaire noir de la seconde compagnie de la garde ordinaire du roi et épouse le 26 juin 1776 à Saint-Hilaire-le-Châtel, Marie-Victoire de Thiboust, fille de Jacques de Thiboust de Touvoye et de Marie Eléonore de Vanssay.


Leur fils ainé, André Marie Louis né le 26 janvier 1782 et décédé le 25 juillet 1829, n’a de son mariage avec Suzanne Clémence du Mouchet qu’un garçon mort à 18 ans .

Madame de Guéroult de la Gohyère meurt au château de la Gohyère, le 27 avril 1869.


Le château est acheté vers 1876 par Maxime Pierre Marie Jacquet de Heurtaumont dont la mère est née Vanssay de Blavous. Il épouse en 1872 à Péronne Claudine Molbrognier de Brusle.

Il décède le 5 août 1917 chez son gendre Pierre de Luret à Saint-Jean-Ligoure.

Son fils Gaetan, né le 2 janvier 1876 à Péronne, et marié le 28 avril 1903 à Isabelle Commaille de Valbray, reprend le château.

Conseiller général de l’Orne, Président de l’Association des Maires de l’Orne, Maire de l’Orne…

Ses nombreuses fonctions au sein du département incitent Madame de Heurtaumont à ériger une tour indépendante de la bâtisse afin éviter que ses salons soient traversés par les personnes que recevait son mari.

La tour, par la suite, sera reliée au château. L’élégant manoir du XVIe siècle est transformé selon le goût néo-gothique de l’époque.

Ils ont trois enfants, Bernard, Yves et FrançoIse mariée à Gaston Quentin de Coupigny.

La descendance de Bernard de Heurtaumont est actuellement propriétaire de la Gohyère

Nous quittons Laure de Petiville pour le point d’orgue de cette journée : le château de la Galardière à Villiers-sous-Mortagne, propriété de Jean de La Blanchardière, oncle de Laure de Petiville et père de notre amie adhérente, Isabelle de Catheu à qui nous devons la réussite de cette journée.


La Galardière est citée pour la première fois en 1539 lors d’une donation aux religieux du Val-Dieu de François de Bresnard, sieur de la Brénière (La Bréhonière ?) mort en 1572.


Elle est citée ensuite le 9 novembre 1585 à propos d’un ‘bail La Galardière à Villiers’ à Pierre Fousteau, avocat à Mortagne.


Gilles Fousteau mariera en 1724, sa fille Marie-Jeanne à René Louis de Gueroult de Freville (fils de Jean-Baptiste de Guéroult de la Gohière) et en 1728, sa deuxième fille à Nicolas Jean Baptiste Gaston Périer, sieur de la Chevalerie, de Villiers et de la Galardière.


Elisabeth de Gruel, fille naturelle de Pierre Gruel, Chevalier de l’ordre du roi, Gouverneur de la ville de Chartres, Capitaine des gardes de Monsieur, marquis de La Frette et d’Elisabeth du But, épouse en janvier 1662 René Périer, écuyer, seigneur de la Chevallerie et apporte en dot La Galardière et la Seigneurerie de Villiers. Ils portent désormais le nom de ‘Périer de Villiers’. (Le frère de René, Richard, était seigneur de la Genevraye).


L’arrière-arrière-petit-fils de René et Elisabeth Périer de Villiers, Noël Marie Henry Désiré Périer, sera baptisé le 29 décembre 1776 à Villiers. Il sera maire de Villiers de 1812 jusqu’à sa mort, à Paris, le 11 septembre 1815.


Il lègue La Galardière en 1815 par testament olographe à Marie Louis Achille Périer de La Genevraye, cousin éloigné qu’il rencontre dans une diligence à destination de Paris. (Né en août 1787 à La Genevraye, blessé au visage à la bataille de Reims le 13 mars 1814, mort à La Genevraye le 30 juillet 1853. Il s’agit de ‘Nez de cuir’.)

Ce dernier gardera le domaine jusqu’à sa mort en 1853 et le léguera à son fils naturel/adoptif, Victor Louis Achille Périer de La Genevraye, fils de Clarisse de La Haye (adoption du 12 octobre 1840 résultant d’une déclaration passée devant le Juge de Paix du canton du Merlerault).


Victor Louis vend le domaine de La Galardière à l’automne 1858 à Monsieur et Madame Louis Bouvier pour 50 000 Francs.


A la suite de la faillite de Monsieur Louis Bouvier, banquier à Mortagne la maison est achetée sur saisie par Monsieur et Madame Louis Pierre Leroy pour 90 000 Francs le 28 avril 1884. Monsieur Leroy était médecin à Mortagne.


Les Leroy revendent La Galardière et le domaine le 22 novembre 1919 pour la somme de cent mille francs à Monsieur et Madame Gaëtan de Heurtaumont (Madame née Isabelle de Valbray), grand-mère de Dominique de Coupigny, épouse de Monsieur J.H. de La Blanchardière. (Dominique de Coupigny descendant par ailleurs d’une autre branche de la famille Gruel).


Après cette évocation historique, Jean de La Blanchardière nous apporte des compléments sur l’architecture de la Galardière dont nous pouvons admirer l’élégance du XVIIIe siècle.


Un élément structurel subsiste du manoir du XVIème siècle : l’ancienne tour d’escalier à vis en pierre au nez de marche moulurée et au noyau central évidé et hélicoïdal.


Marie Louis Achille Périer de La Genevraye, fit réaménager la maison : réhaussement du corps de bâtiment central d’un étage, création de l’avant-corps, harmonisation des façades, agrandissement des ouvertures du rez-de-chaussée et aménagement du salon dans le style Premier Empire, en vogue à cette époque.



Aujourd’hui la maison de style classique comprend trois corps de bâtiments alignés. Le corps central encadré par deux pavillons surmontés d’un simple comble. Le pavillon Ouest a été réaménagé, le pavillon Est conserve son agencement d’origine : cuisine et tour d’escalier.


Les murs du corps central sont en moellons de calcaire et de grès ferrugineux (roussard) couvert d’un enduit plein à l’exception de la surélévation et de l’avant-corps qui sont en pierre de taille calcaire.

Les toits sont couverts en tuile plate.

Les communs à l’ouest abritaient une remise à voiture, une sellerie et une orangerie.

Ceux de l’Est comprenaient caves, celliers et un logement, probablement celui du palefrenier.


Dans la cour d’arrivée, les murets devant les douves ainsi que la grille ont été rajoutés dans les années 1960. A son époque, Nez-de-cuir sautait les douves à cheval.


Le plan général du domaine daté de 1836 fait état de terres et de fermes appartenant à Périer de La Genevraye, sur les communes de Villiers (la moitié) de Feings et de St Mard-de-Réno.

La propriété sera démantelée à partir de 1854.


A l’issue de cet exposé passionnant, nos adhérents sont invités à visiter l’intérieur de la maison où leurs propos manifestent une véritable séduction pour la décoration des différentes pièces, œuvre de Madame de La Blanchardière.


Notre après-midi est clôturée par un goûter amical où plusieurs produits locaux de nos adhérents sont mis en valeur.




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